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..........Mais j'étouffais de colère et surtout de chagrin. Je réalisai avec horreur ma dépendance. Non seulement on m'avait condamné à l'exil, maison ne me laissait pas libre de lutter contre l'aridité de mon sort; mes actes, mes gestes, mes paroles, tout était contrôlé; on épiait mes pensées, et on pouvait faire avorter d'un mot les projets qui me tenaient le plus à c½ur: tout recours m'était ôté. L'année passée, je m'étais tant bien que mal accommodée de mon sort parce que j'étais étonnée des grands changements qui se produisaient en moi; maintenant, cette aventure était achevée et je retombai dans la détresse.
J'étais devenue différente, et il m'aurait fallu autour de moi un monde différent: lequel?
Que souhaitais-je au juste? Je ne savais même pas l'imaginer. Cette passivité me désespérait. Il ne me restait qu'à attendre. Combien de temps? Trois ans, quatre ans? C'est long quand on a dix-huit ans. Et si je les passais en prison, ligotée, je me retrouverais à la sortie toujours aussi seule, sans amour, sans ferveur, sans rien. [...] Si je restais la même en proie aux mêmes routines, au même ennui, je ne progresserais jamais; [...] Non pas une lueur nulle part.
Pour la première fois de mon existence, je pensais sincèrement qu'il valait mieux être mort que vivant.
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..........Mais j'étouffais de colère et surtout de chagrin. Je réalisai avec horreur ma dépendance. Non seulement on m'avait condamné à l'exil, maison ne me laissait pas libre de lutter contre l'aridité de mon sort; mes actes, mes gestes, mes paroles, tout était contrôlé; on épiait mes pensées, et on pouvait faire avorter d'un mot les projets qui me tenaient le plus à c½ur: tout recours m'était ôté. L'année passée, je m'étais tant bien que mal accommodée de mon sort parce que j'étais étonnée des grands changements qui se produisaient en moi; maintenant, cette aventure était achevée et je retombai dans la détresse.
J'étais devenue différente, et il m'aurait fallu autour de moi un monde différent: lequel?
Que souhaitais-je au juste? Je ne savais même pas l'imaginer. Cette passivité me désespérait. Il ne me restait qu'à attendre. Combien de temps? Trois ans, quatre ans? C'est long quand on a dix-huit ans. Et si je les passais en prison, ligotée, je me retrouverais à la sortie toujours aussi seule, sans amour, sans ferveur, sans rien. [...] Si je restais la même en proie aux mêmes routines, au même ennui, je ne progresserais jamais; [...] Non pas une lueur nulle part.
Pour la première fois de mon existence, je pensais sincèrement qu'il valait mieux être mort que vivant.
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